Douleurs chroniques

  Les douleurs chroniques sont des douleurs persistantes, dont l’intensité varie mais qui sont continuellement présentes. Parfois, elles s’estompent et réapparaissent de plus belle. La douleur chronique est une maladie à part entière ; du fait de sa persistance et de sa résistance partielle au traitement, elle met en péril les capacités d’adaptation du patient. Cette persistance s’’accompagne parfois de contractions musculaires réflexes. Le(s) muscle(s) en question finit (finissent) par devenir le siège d’une nouvelle douleur, favorisant à son tour une nouvelle contraction. Et ainsi de suite.

  Les douleurs chroniques posent souvent différents problèmes diagnostiques et thérapeutiques. De nombreux malades souffrent durant des jours, des semaines voire des mois ou des années sans pouvoir être efficacement soulagés. Elles envahissent totalement l’esprit du patient qui se focalise alors sur sa souffrance. Il est difficile de détourner son attention de douleurs qui durent. Parfois insoutenables, elles conduisent dans des cas extrêmes au suicide.

   Comme l’explique Thierry Delorme dans son livre La douleur, un mal à combattre (1999), « Les patients tombent souvent dans le piège de l’inactivité. Au début, le repos soulage et, assez rapidement, l’arrêt des activités physiques devient le seul moyen utilisé en attendant que la douleur disparaisse. Il apparaît assez rapidement un déconditionnement physique, comme lors d’une longue interruption d’activité sportive. » Cette attente passive contribue à rendre encore plus difficile le quotidien des malades : ils ressentent une douleur au moindre effort de la vie courante, au moindre geste. Le patient se conforte alors dans son idée que le repos et l’inactivité sont une solution.

                                                  2010092.jpg


   Toujours dans son livre, l’auteur met aussi en évidence le lien entre douleur physique et douleur psychique. En effet, “L’appréhension, la crainte de l’avenir, les fausses idées sur la nature de la douleur entretiennent” les maux. La souffrance qui persiste peut engendrer des signes de démoralisation ou de dépression : manque d’énergie, perte d’intérêt pour la vie… Ces phénomènes empêchent de faire face, de trouver l’énergie pour lutter.

   Les douleurs chroniques les plus fréquentes sont les cancers, ou celles qui affectent l’appareil locomoteur, la tête et le ventre. Par exemple, le rhumatisme, c’est-à-dire la détérioration des articulations, est une douleur de l’appareil locomoteur. Les maux de tête chroniques et récidivants (migraines), les douleurs abdominales chroniques, les colites spasmodiques (spasmes de l’intestin) par exemple, imposent des examens cliniques complets.

   Quelque soit sa cause, la prise en charge de la douleur chronique est toujours difficile. Facteurs physiques et conséquences psychologiques sont souvent intriqués. Il est souvent nécessaire de combiner des moyens thérapeutiques médicamenteux et non médicamenteux, et d’établir un suivi sur le long terme, basé sur une relation médecin-malade de qualité. Cette relation est essentielle, et primordiale, d’autant plus que les malades chroniques sont souvent réticents à l’abord psychologique de leur douleur. Il est alors du devoir des soignants de les mettre en confiance et de leur signifier que ce qu’ils diront sera bien pris en compte.

L'âge, un facteur d'inégalités ? →

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×